L’irrigation, grande question des vins de Provence

 

A quelques jours des vendanges, il est temps de revenir sur ce qui constitue chaque année une question cruciale pour la réussite de nos vins : la maîtrise de l’eau. Comme souvent depuis plusieurs années, le manque d’eau met le vignoble provençal dans une situation de sécheresse sérieuse. Les orages de juillet et août, qui jadis permettaient le développement harmonieux de la plante, se raréfient. Et les nappes de surface, dans lesquelles plongent les gigantesques racines des pieds de vigne, sont presque à sec – il est d’ailleurs interdit d’y puiser directement de l’eau. En 2017, nous vendangerons sans avoir enregistré une seule averse depuis le 2 juin…

Sur les vignes productives, les grains sont plus petits, notamment sur certains des cépages les plus emblématiques (Carignan, Cinsault), ce qui promet une récolte moins quantitative. Et les plantiers (les jeunes pieds qui viennent d’être replantés), qui n’ont encore pas de racines suffisamment profondes pour puiser l’eau à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, sont menacés de dessèchement.

Dès le 15 août, date « officielle » du début de la véraison (prise de couleur du fruit), toute irrigation est interdite. Mais en amont, il est possible d’agir pour conserver un vignoble productif, d’une part, et sauver les plantiers, d’autre part.

Sur le domaine des Terres de Saint Hilaire, des gouttes-à-gouttes seront installés dès l’année prochaine. L’irrigation concernera prioritairement les plantiers, afin de garantir leur enracinement, et les parcelles productives les plus touchées par la sécheresse. L’objectif n’est évidemment pas d’augmenter artificiellement la production – le vignoble est heureusement extrêmement contrôlé sur ce plan ! – mais de maintenir une qualité que le réchauffement climatique ne permet plus d’atteindre sans apport hydrique.

En dehors des AOC qui ne peuvent pas être irrigués du tout, une réflexion est donc en cours pour les années qui viennent. Les gouttes-à-gouttes seront mis en place à mi-hauteur des ceps, afin de compenser les précipitations manquantes. Et les parcelles concernées ont été sélectionnées grâce à un dispositif innovant : des prises de vues aériennes ont permis de déterminer avec une grande précision les zones du domaine qui souffrent le plus.

Mais pour pouvoir irriguer, encore faut-il avoir… de l’eau ! C’est la raison pour laquelle la direction des Terres de Saint Hilaire a aussi pris la tête d’un groupe de viticulteurs du secteur d’Ollières, afin de demander un accès à l’eau du Canal de Provence. Ce dernier coule à l’ouest de la commune, à moins de 2 kilomètres de notre domaine.

En attendant cet accès direct à l’eau, nous pouvons heureusement continuer à exploiter un forage historique du domaine, qui puise à une source située à plus de 400 m de profondeur. Source marginale, mais vitale pour nos plantiers, qui ont été arrosés à la main cette année.

Dans quelques jours, les vendanges commenceront. Et si la quantité sera probablement moindre (le gel aussi est passé par là, comme sur l’intégralité du vignoble français), la qualité, elle, promet d’être au rendez-vous : excellente maturité; coloration légère des peaux qui nous assurera de magnifiques rosés pâles, typiques de la Provence; acidité suffisante pour produire des rouges prometteurs d’une belle garde.

Rendez-vous donc début septembre pour vous faire vivre en direct ce moment fort de la vie du domaine !